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Mise à jour le : 05/12/07
Que penser du tourisme esthétique ?
La chirurgie esthétique est une spécialité sérieuse et ses patients méritent d’être pris en considération au même titre que ceux de chirurgie digestive, orthopédique ou cardiaque.
Certains articles ou publicités laissent à penser que l’on va s’acheter un lifting comme un kilo de tomates ou une voiture d’occasion. « D’occasion »... est exactement le vocable qui s’adapte à ce type de procédé touristique dont il est fait actuellement la promotion.
Le SNCPRE rappelle :
- qu’aucune intervention n’est anodine,
- que nous avons mis longtemps à obtenir sur notre territoire « LA SÉCURITÉ DU PATIENT » pour toute intervention de chirurgie esthétique.
Il a fallu de nombreuses années aux pouvoirs publics avec l’aide de notre Syndicat pour fixer les règles de l’exercice de la chirurgie esthétique. Ces travaux, qui ont nécessité de très nombreuses réunions, ont abouti à la loi du 2 mars 2002 définissant les règles rigoureuses de cette spécialité.
Cette loi s’accompagne depuis le 12 juillet 2005 de deux décrets d’application qui en parachèvent les modalités pratiques :
- Choix d’un chirurgien qualifié en chirurgie plastique reconstructrice et esthétique par l’ordre des médecins,
- Délai de réflexion minimal de quinze jours,
- Possibilité et/ou nécessité de voir ce chirurgien à plusieurs reprises,
- Consentement éclairé et devis précis défini légalement et signés par les deux parties,
- Prise en charge des suites opératoires par le chirurgien qui a opéré,
- Assurance en responsabilité civile professionnelle du chirurgien et de l’établissement où il exerce,
- Prise en charge des suites et d’éventuelles complications toujours possibles quel que soit l’intervention réalisée par l’opérateur et son établissement.
- Plateau technique et établissement agréé.
Quelles règles déontologiques seront respectées au retour d'une intervention faite à l'étranger et quels sont les risques ?
- Comment un chirurgien qui n’a pas opéré a-t-il le droit de surveiller les patient(e)s opérés par un autre sans licence de remplacement ou contrat d'association déposé et enregistré à l'ordre des médecins ?
- Comment ce « soi-disant correspondant » sera-t-il payé ?
- Y a-t-il compérage ou subordination ?
- Qui couvre les patients en cas de complication : l’assurance du voyagiste ? Celle d’un chirurgien ? Ou encore d’un établissement s’il y en a une ?
- En cas d’urgence, le patient peut avoir à payer l’hôpital Français en totalité (et cela peut aller jusqu’à 1500 euros par jour dans certains cas) car les suites en chirurgie esthétique ne sont pas couvertes, ni par l’assurance maladie ni par les mutuelles complémentaires.
- Y a-t-il un système "d'assistance" qui prendra en charge le ou la patiente en cas de complication pour un rapatriement afin de le ou la traiter gratuitement si son état le permet ?
- Quels accords sont-ils passés entre les cliniques étrangères et les hôpitaux français afin de rembourser ces derniers en cas de gros pépin ? Serait-ce la famille du patient qui prendra la totalité des frais à sa charge ?
- En cas de contestation du résultat et de nécessité d’un acte de complément (retouche), qui la fera et dans quel établissement ? A quel coût ? Après quel voyage ?
La promesse d’un hôtel de luxe et d’une piscine de rêve fait souvent oublier que dans le contexte immédiat d’un geste opératoire on en profite fort peu et ce d’autant que l’exposition solaire est interdite.
Enfin n’oublions pas qu’une intervention chirurgicale est toujours un événement important ou il n’est pas bon d’être seul sans soutien familial et affectif.
Qu'est ce que la chirurgie plastique ?
Appellation globale de notre spécialité, elle englobe la totalité des interventions qui modifient, réparent ou embellissent les téguments et les formes. On distingue :
- la chirurgie Réparatrice qui apporte une transformation allant de "l'anormal ou pathologique" vers le "normal" exemple les malformations congénitales ou les séquelles de brûlures ou de morsure ou encore les séquelles d'accidents ou de chirurgie destructrice après cancer…..Il s'agit de réparer un défaut et de tendre vers la plus grande amélioration possible mais en apportant en contre partie des cicatrices et parfois des opérations répétées. Ces actes sont normalement pris en charge par l'assurance maladie, parfois automatiquement, parfois soumis à une demande d'entente préalable.
- la chirurgie Esthétique qui fait passer du " normal " vers le " beau " hors contexte de maladie et donc sans aucune participation financière de la sécurité sociale.
Comment devient-on Chirurgien Plastique ?
Actuellement, cette spécialité à part entière de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique est obtenue après une formation de 15 ans qui inclut les 7 années de tronc commun des études médicales puis le passage d'un concours de l'internat qui permet une formation chirurgicale de 5 ans complétée par une période d'assistanat ou post internat de 2 ans minimum. Au vu de cette formation hospitalo-universitaire, le conseil de l'Ordre des médecins confirme l'inscription du praticien au tableau national de la Spécialité. Avant 1988, les praticiens d'horizons divers : chirurgiens généralistes, stomato-maxillo faciaux, oto-rhino-laryngologistes ou ophtalmologistes qui avaient suivit un cursus de formation complet et validant, obtenaient la qualification Ordinale après examen de leur dossier par la commission compétente .
Chirurgie conventionné Secteur II Honoraires Libres ?
De nombreux chirurgiens exercent en secteur II, ils peuvent demander un complément d'honoraire pour la consultation et les actes opératoires. Cela veux dire que le patient dépensera une somme supérieure à la tarification Sécurité Sociale. Cette différence n'est jamais remboursée par la caisse mais peut être couverte par la mutuelle complémentaire fonction du contrat souscrit. Cette façon de faire est tout à fait légale et l'écart de prix justifié par la difficulté et la longueur de ces actes "plutôt mal rétribués" par la tarification sécurité sociale actuelle. Le praticien paye des charges sociales supérieures en contrepartie de sa liberté tarifaire. Bien entendu la dépense supplémentaire doit être intégralement notée sur la feuille de soins ou la facturation de sortie de clinique; le montant doit impérativement avoir été annoncé et expliqué lors des consultation pré opératoires.
Chirurgie esthétique et sécurité sociale ?
Tous les actes de chirurgie esthétique sont pratiqués sur volontariat, à la demande des patients, pour motifs personnels et après deux consultations et l'établissement d'un devis. Ces actes n'appartiennent pas à la nomenclature générale des actes de la sécurité sociale, ils n'ont aucune existence tarifaire et ne peuvent donner lieu à aucun remboursement même partiel. De ce fait, la mutuelle complémentaire, utile pour les complements d'honoraires secteur II, est tout à fait inefficace pour les actes de chirurgie esthétique.
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